Participez à la campagne «Les jeunes débouté·es ont droit à un avenir!»

Depuis plusieurs années, nous dénonçons la situation des jeunes débouté·es à Genève. Illégalisé·es, menacé·es d’un renvoi et plongé·es dans le système de l’aide d’urgence, environ 60 jeunes âgé·es de 15 à 25 ans se retrouvent sans possibilité de travailler ou d’accéder à un apprentissage dual. Après la publication d’un rapport « Jeunes et débouté·es à Genève: des vies en suspens » (juin 2021) et d’une Lettre ouverte aux autorités genevoises (décembre 2021), la Coordination asile.ge lance une action de marrainages et parrainages pour laquelle des personnalités publiques genevoises qui s’affichent en soutien à ces jeunes.

La campagne a commencé au mois de mars sur les réseaux sociaux. Pour y participer, vous avez plusieurs possibilités :

  • Poster une image sur vos réseaux sociaux (télécharger en cliquant dessus)

Texte d’accompagnement possible, à modifier selon vos envies :

«Les jeunes débouté·es ont droit à un avenir!
Ils et elles doivent pouvoir:

  • accéder à et poursuivre la formation choisie en fonction de leurs aspirations et capacités, au moins jusqu’à 25 ans;
  • terminer une formation entamée, même quand le renvoi est exécutable ;
  • voir leur régularisation facilitée et soutenue par les autorités cantonales.

👉 Signez la lettre ouverte aux autorités genevoises: https://bit.ly/3edgpxI

👉 Reprenez cette image et ce post et publiez les sur vos réseaux!»

Des marraines et des parrains pour de jeunes débouté·es de l’asile

Depuis plusieurs années, nous dénonçons la situation des jeunes débouté·es à Genève. Illégalisé·es, menacé·es d’un renvoi et plongé·es dans le système de l’aide d’urgence, environ 60 jeunes âgé·es de 15 à 25 ans se retrouvent sans possibilité de travailler ou d’accéder à un apprentissage dual. Après la publication d’un rapport « Jeunes et débouté·es à Genève: des vies en suspens » (juin 2021) et d’une Lettre ouverte aux autorités genevoises (décembre 2021), la Coordination asile.ge lance une action de marrainages et parrainages pour laquelle des personnalités publiques genevoises qui s’affichent en soutien à ces jeunes.

La campagne «Les jeunes débouté·es ont droit à un avenir» démarre aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Des posts seront publiés chaque semaine jusqu’en mai. Ci-dessous le premier post publié le 11 mars 2022.

Isabelle Pasquier Eichenberger soutient Parnia et les jeunes débouté·es à Genève !



A Genève, près de 60 jeunes débouté.es se battent pour se construire un avenir.
Pour beaucoup, le rejet de leur demande d’asile est survenu après plusieurs années de scolarité et d’intégration. Ces jeunes sont bloqué·es dans leur parcours de formation et de vie.

Parnia est l’une d’entre eux et elles. Arrivée il y a 7 ans, à l’âge de 11 ans, elle a pu s’intégrer parfaitement dans le cursus scolaire, malgré le refus de sa demande d’asile confirmée par le Tribunal administratif fédéral au mois de mai 2020. Elle est actuellement en 2ème année d’ECG. Elle rêverait d’être dentiste ou ophtalmologue, ou encore de travailler dans les soins. En raison de son papier-blanc, ce n’est pour le moment pas possible.

Comme Parnia, les jeunes débouté·es se retrouvent dans la précarité de l’aide d’urgence, sans aucune perspective d’emploi.
Malgré de nombreuses démarches, aucune solution collective n’a été trouvée. Ni pour la formation, ni pour la régularisation, à laquelle beaucoup de jeunes pourraient pourtant prétendre.

Offrons un avenir aux jeunes débouté·es !
• Tous·tes les jeunes débouté·es et sans statut légal doivent pouvoir accéder à et poursuivre la formation choisie en fonction de leurs aspirations et capacités, au moins jusqu’à 25 ans ;
• Les jeunes débouté·es doivent pouvoir terminer une formation entamée, même quand le renvoi est exécutable ;
• La régularisation des personnes déboutées doit être facilitée et soutenue, d’autant plus quand elles sont arrivées en Suisse avant l’âge de 25 ans.

Lettre ouverte au Conseil d’État de la République et canton de Genève concernant les jeunes personnes déboutées

Cette lettre ouverte est adressée aux membres du Conseil d’État. La Coordination asile.ge et plus de 1000 signataires y dénoncent la situation dans laquelle se trouvent encore et toujours les jeunes débouté·es à Genève et demandent au Conseil d’État de trouver des solutions.

Pour ajouter votre signature, cliquez ici.

Monsieur le Président du Conseil d’État,
Mesdames et Messieurs les Conseiller·ères d’État,

La présente lettre ouverte a pour objet de vous présenter la situation dans laquelle se trouvent actuellement les jeunes débouté·es à Genève, de vous faire part de nos préoccupations pour leur avenir, et de vous exposer nos requêtes pour qu’ils et elles puissent mener une vie digne.

Aujourd’hui plus de 50 jeunes débouté·es de l’asile, âgé·es de 15 à 25 ans, vivent à Genève. Nombre d’entre eux et elles se sont vu refuser d’entreprendre ou de continuer une formation, de suivre un stage ou d’achever un diplôme. D’autres ont reçu une interdiction de travail parce que les autorités suisses ont décidé qu’ils et elles n’avaient pas le droit à l’asile, souvent juste après leur majorité.

Pour beaucoup, le rejet de leur demande d’asile est survenu après plusieurs années de scolarité et d’intégration. Leur quotidien est celui de l’aide d’urgence, une réalité précaire : une « aide » de 10 CHF par jour, un hébergement et une couverture sociale sommaire. Ils et elles perdent aussi le droit de travailler ou de faire un apprentissage dual. Pourtant, leur renvoi est souvent inexécutable, ce qui rend l’avenir très incertain et pour une durée indéfinie. Or, selon le recensement établi par la Coordination asile.ge en juin 2021, près de 40 jeunes sont en Suisse depuis plus de cinq ans et plusieurs pourraient prétendre à une régularisation.

Notre constat est le suivant : l’incapacité d’initier ou de poursuivre la formation de leur choix, la précarité et la menace d’un renvoi, ou encore l’absence de perspectives professionnelles et de régularisation affectent considérablement leur santé physique et psychique. Le sentiment d’être dans une impasse, l’angoisse constante du lendemain sont leur lot quotidien, alors que la plupart sont bien intégré·es.

En 2019 pourtant, le Grand Conseil genevois a accepté deux motions (M2524 ; M2526) et une pétition (P2066) visant l’insertion professionnelle et l’octroi d’un permis de séjour pour les jeunes débouté·es qui ne peuvent être renvoyé·es. Deux ans après, ces jeunes se battent toujours pour se construire un avenir.

Nous demandons donc au Conseil d’État de trouver des solutions pour que :

  1. Tous·tes les jeunes débouté·es et sans statut légal puissent accéder à et poursuivre la formation choisie en fonction de leurs aspirations et capacités, au moins jusqu’à 25 ans;
  2. Les jeunes débouté·es puissent terminer une formation entamée, même quand le renvoi est exécutable;
  3. La régularisation des personnes déboutées soit facilitée et soutenue, d’autant plus quand elles sont arrivées en Suisse avant l’âge de 25 ans.

En vous souhaitant bonne réception de la présente lettre et en espérant que vous y donnerez suite au plus vite, nous vous prions de croire, Monsieur le Président du Conseil d’État, Mesdames et Messieurs les Conseiller·ères d’État, l’expression de notre respectueuse considération.

Signataires au 31.05.2022 (1053)

Coordination asile.ge • Sewit Abadi • Sébastien Abbet • Adeba Abdullah-Khel • Tabesh Abdullah-khel • Filmon Abraha • Abel Abraham • Samra Abraham debar • Fabienne Abramovich • Lysiane Adamini • Anne-Claire Adet • Sylvie Albisati • Kirsten Almeida Erni • Laila Alonso Huarte • Olive Alvis • Eric Amato • Shady Ammane • Nadine Amrein • Anouk Amsellem Berrebi • Matteo Anderegg • Marie Anderfuhren • Sylvia Andersen • Michèle André Jaques • Nicole Andreetta • Elodie Antony • Sabrine Antri • Soraya Aouad • Amna Aounallah • Ophélie Arbabi • Didier Arbouille • Feben Areaya • Winita Aron • Aleem Arshad • Astrid Astolfi • Sidonie Atgé-Delbays • Nathalie Athlan • Nuria Aubert • Véronique Aubert • Maël Azokly • Omar Azzabi • Rachel Babecoff • Bernadette Babel • Saber Baccouche • Nadia Baehler • Rachel Baeriswyl • Ariane Bailat • Anna Baldacci • Jésabelle Balloux • Tristan Balmer • Ursula Balmer • Raffaella Balocco • Catherine Balsiger • Thrudy Barbaran • Chiara Barberis • Marie Claude Barbier • Ana Barciela Villar • Annik Barras Hassen • Gabriel Barta • Silvana Bassetti • Jean Batou • Martine Baudin • Isabelle Baumann • Dominique Bavarel • Geneviève Beck • Anna Beczkowski • Malika Benallouch • Odile Benoist • Anne Bernhard • Elisabeth Bersier • Jean Berthet • Quentin Berthet • Alexis Bertin • Christine Bertoncini Spahni • Marie Besse • Lorie Bettiol • Kristine Beun • Danièle Bianchi • Giovanna Bianchi-Le Henanf • Vincent Bircher • Bernadette Bitar • Lucienne Bittar • Suzanne Blanc-Thomson • Anaïs  Blanchard • Adrian Blaser • Gaëtan Blaser • Sophie Bobillier • Marie-José Boccard • Claudia Bogenmann • Chantal Boisset • Alain Bolle • Rachel Bolle • Marie-Laure Bonard • Didier Bonny • Anita Bonva • Françoise Borel • Marie-Claude Borgead • Pascale Borgeat • Philippe Borgeaud • Yvonne Borloz • Katarina Boselli • Monica Boselli • Gaëlle Bosonnet • France Bossuet Rutgers • Jean-Luc Bouchardy • Aymeric Bouleau • Robert Bouleau • Viviane Bouleau • Sabrine Bouraoui • Lucienne Bourquin • Marlène Bovard • Aline Bovard Rudaz • Jacqueline Bovet • Hilary Bowers • David Bozzini • Josiane Bozzolo Friedli • Valery Bragar • Maria Brandle • Philippe Brard-Dupuy • Pierre Brard-Dupuy • Hélène Braun • Nicolas Brck • Alexandra Bregnard • Aldo Brina • Ursula Brina • Adeline Brocard • Jérémie Bron • Muriel Bros • Mathias Brosset • Anne Bruchez • Suzanne Bruchez • Jonas Brülhart • Daniel Brun • Rose-Marie Brun • Yves Brun • Noelia Brunschwig • Christiane Bruttin • Elodie Bucciol • Sophie Buchs • Valerie Buchs • Marielle Budry • Myriam Buffet • Fabienne Bugnon • Anne Bulliard • Aude Bumbacher Kellou • Jean Burgermeister • Verena Burgin • Simon Burkhardt • Michaela Buschi • Veronica Bustamante • Danielle Butinof • Carol Buttet • Konstantine Buxtorf Friedli • Elisabeth Calder • Vania Callejas Maiz • Lavinia Calore • Daniela Camelo • Anna Caminada • Lena Campolini • Sibel Can-Uzun • Beate Canapa • Stéphane Canetta • Giuliana Canonica Hemmeler • Eleuterio Cárdenas León • Marie-Cécile Cardenoso • Xavier Cardenoso • Cecilia Cardoso • Jacky Carel • Marie Caro • Abdul Carrupt • Marlene Carvalhosa Barbosa • Isabelle Casier • Paloma Casot • Ursula Cassani • Jasmine Caye • Amaranta Cecchini • Lejla Cengic • Tatjana Cernenko • Jean-Claude Chabloz • Catherine Chamay Weber • Francine Chappuis • Laurence Charlet • Maryvonne Charmillot • Alexandra Charvet • Claire Chatelanat • Noémie Chatelanat • Dominique Chautems Leurs • Hugo Cherpillod • Luc Chessex • Alessandro Chidichimo • Milena Chimienti • Catherine Choux Mueller • Andy Christen • Linda Christen • Jeanine Christin • Renaud Christin • Madeleine Clavijo-Musy • Pierre Gaston Clément • Philippe Clerc • Sylvain Cloteau •  Coalition “Non au centre de renvoi!” • Madeleine Codemo • Michel Colin • Clarisse Colliard • Anne Compagnon Kaufmann • Louise Comte • Mathilde Comte • Celtia Concha • Liala Consoli • Diana Cordeiro • Laurence Corpataux • Alain Correvon • Jaya Cottin • Nagalourou Zaky Coulibaly • Françoise Cramer • Joseph 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Rapport “Jeunes et débouté·es à Genève: des vies en suspens”

Dans ce rapport réalisé en collaboration avec l’Observatoire romand du droit d’asile et des étranger·ères (ODAE romand), la Coordination asile.ge dénonce la situation des jeunes débouté·es à Genève. Illégalisé·es, menacé·es d’un renvoi et plongé·es dans le système de l’aide d’urgence, environ 60 jeunes âgé·es de 15 à 25 ans se retrouvent sans possibilité de travailler ou d’accéder à un apprentissage dual.

Télécharger le rapport

Depuis 2020, la Coordination asile.ge a mis sur pied un groupe de travail pour aller à la rencontre de ces jeunes débouté·es. Un recensement ceux et celles âgé·es de 15 à 25 ans vivant à Genève a été établi, afin d’obtenir une photographie précise de la situation de chacun·e. 60 jeunes ont été répertorié·es.

La plupart d’entre eux et elles sont arrivé·es en Suisse entre 2014 et 2016 pour y demander l’asile. Pour beaucoup, le rejet de leur demande d’asile est survenu après plusieurs années de scolarité et d’intégration. Leur quotidien est celui de l’aide d’urgence, une réalité précaire: les personnes ont droit à 10 CHF par jour, un hébergement et une couverture sociale sommaires. Ils et elles perdent aussi le droit de travailler ou de faire un apprentissage dual. Pourtant, leur renvoi est souvent inexécutable et ils et elles se retrouvent dans un no man’s land qui dure indéfiniment. Sur les 60 personnes recensées, 40 sont en Suisse depuis plus de 5 ans et plusieurs pourraient prétendre à une régularisation.

Le rapport Jeunes et débouté·es à Genève : des vies en suspens dresse un constat sans appel: l’incapacité d’initier ou de poursuivre la formation de leur choix, la précarité, la menace d’un renvoi et l’absence de perspectives professionnelles ou de régularisation affectent considérablement la santé physique et psychique des jeunes. Le sentiment d’être dans une impasse, l’angoisse constante sont leur lot quotidien, alors qu’ils et elles sont souvent bien intégré·es.

En 2019, le Grand Conseil genevois a accepté deux motions et une pétition visant l’insertion professionnelle et l’octroi d’un permis de séjour pour les jeunes débouté·es qui ne peuvent pas être renvoyé·es. Deux ans après, 60 jeunes se battent toujours pour se construire un avenir et aucune solution collective n’est esquissée : ni sur le plan de la formation, ni sur le plan de la régularisation.

La Coordination asile.ge demande donc aux autorités genevoises que :

  • Tous·tes les jeunes débouté·es et sans statut légal puissent accéder à et poursuivre la formation choisie en fonction de leurs aspirations et capacités, au moins jusqu’à 25 ans ;
  • Les jeunes débouté·es puissent terminer une formation entamée, même quand le renvoi est exécutable ;
  • La régularisation des personnes déboutées soit facilitée et soutenue, d’autant plus quand elles sont arrivées en Suisse avant l’âge de 25 ans.

Le jeudi 24 juin, une soirée de témoignages et d’échanges en ligne avec les jeunes a été organisée dans le cadre de la campagne Education pour toutes et tous! A revoir ici.

Des témoignages vidéo ont également été réalisés avec l’association Vivre Ensemble. A découvrir sur les réseaux sociaux.

La Coordination asile.ge condamne le vol spécial de Genève vers l’Éthiopie du 27 janvier. Elle appelle les autorités genevoises à réagir.

Dans la nuit du 27 au 28 janvier dernier, un avion spécialement affrété pour le renvoi de demandeurs d’asile déboutés s’est envolé de l’aéroport de Cointrin vers l’Éthiopie. À son bord se trouvait notamment Tahir Tilmo, demandeur d’asile qui avait été attribué au canton de Genève et dont l’exécution du renvoi dépendait de la police genevoise. Tahir Tilmo avait été arrêté et était détenu à Favra puis à Frambois pour des raisons administratives depuis le 7 septembre dernier. Cet universitaire avait appris le français, participait à diverses activités organisées au sein de l’université genevoise, et était décrit comme une personne bien intégrée. Une pétition, signée par plus de 1000 personnes et demandant au Conseil d’État de le soutenir, avait été déposée. Le Conseil d’État n’y avait pas répondu. Une forte mobilisation citoyenne a eu lieu pour essayer d’éviter l’exécution du renvoi. En vain.

Quatre jours avant le vol spécial, Tahir Tilmo s’était mis en grève de la faim et de la soif. Le 27 janvier, sur l’avis d’un médecin généraliste qui l’a examiné à Frambois, il a été conduit au service des urgences des HUG. Il y était entravé par des liens aux pieds – comme si dans son état il pouvait échapper aux deux policiers qui le flanquaient ! Après quelques examens, la police est venue le chercher aux urgences pour le transférer à l’aéroport. Comment se fait-il qu’un homme en grève de la faim et de la soif, se plaignant de douleurs importantes, ait pu être considéré comme apte à subir le choc d’un vol spécial ? Les médecins qui l’ont jugé apte à être renvoyé connaissaient-ils les conditions violentes dans lesquelles se déroule un renvoi forcé ? La police a-t-elle forcé la main au personnel soignant des HUG ? Trois demandeurs d’asile déboutés sont déjà morts au cours de telles opérations : quel(s) risque(s) les autorités genevoises ont-elles fait courir à Tahir ? La Coordination asile.ge exige des réponses à ces questions qui sont du ressort des autorités genevoises, pour éviter de futurs décès.

Ce vol spécial était l’un des premiers à destination de l’Éthiopie, suite à la signature d’un accord entre la Suisse et le gouvernement éthiopien en 2018. Cet accord a été signé au moment où l’élection d’un nouveau premier ministre dans le pays africain donnait l’illusion d’une stabilité retrouvée. Mais depuis la situation a beaucoup changé, et une guerre a éclaté au nord du pays. Selon les observateurs avertis, l’Éthiopie risque de sombrer dans une guerre civile sur fond de divisions ethniques. La Coordination asile.ge se joint à l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés pour demander aux autorités fédérales la suspension immédiate des renvois forcés vers l’Éthiopie, en raison de l’instabilité politique qui prévaut dans ce pays et qui génère des situations de violence.

De manière générale, la Coordination asile.ge exprime son opposition aux vols spéciaux de niveau 4, qui équivalent en soi à des formes de mauvais traitement. En autorisant que de telles opérations se déroulent à Genève, les responsables politiques genevois faillissent à protéger les droits humains et l’image de notre cité. Il existe une contradiction majeure entre d’une part l’émotion qu’un tel renvoi suscite au sein de la population genevoise doublée de l’expression d’une certaine indignation par des responsables politiques jusqu’au Conseil d’État, et d’autre part la construction en ce moment même d’un centre de renvoi et de nouvelles places de détention administrative au Grand-Saconnex, en un complexe dévolu à la multiplication d’opérations de ce type. La Coordination asile.ge demande aux autorités genevoises de manifester auprès des autorités fédérales leur intérêt à mettre en œuvre sur le territoire cantonal une politique de refuge, d’accueil et d’intégration plutôt que d’exclusion et de renvoi forcé.

Extrait du film Reconstruction of a forced deportation carried out by the Swiss authorities disponible sur Youtube

Asile, hospitalité, révolte

Que nous disent les textes hérités de la Grèce antique sur l’asile, l’hospitalité, ou encore la révolte? Comment ce savoir peut-il éclairer notre compréhension actuelle de ces sujets? La Coordination asile.ge organise une conférence sous forme de dialogue entre Philippe Borgeaud, Professeur honoraire à l’Université de Genève et éminent spécialiste de la Grèce antique, et Aldo Brina, chargé d’information sur l’asile au Centre social protestant.

La conférence se tient le jeudi 15 octobre à 19h, dans la salle Forum I au rez-de-chaussée du 14 rue du Village-Suisse. Afin de respecter les mesures sanitaires, nous vous prions de vous inscrire par email auprès d’aldo.brina *arobase csp-ge.ch.

La conférence sera filmée et diffusée en direct sur la page Facebook d’asile.ch.

Soutien aux mineurs et jeunes adultes en lutte pour leurs droits fondamentaux

Réunie le 21 janvier 2020, la Coordination asile.ge a décidé d’apporter officiellement son soutien au collectif de lutte des mineurs non accompagnés, qui occupe actuellement le Grütli dans l’espoir de se faire entendre des autorités.

La Coordination asile.ge dénonce de longue date les multiples carences prévalant dans l’accueil des mineurs isolés sur le territoire du canton, quel que soit le statut administratif de ces derniers. En conformité avec la Convention des droits de l’enfant, la Coordination asile.ge estime que ces enfants doivent être considérés comme tels et se voir reconnaître les droits découlant de leur minorité, indépendamment de toute considération de police des étrangers.

À ce titre, un accès à des structures d’hébergement et de santé adaptées à leur âge et leurs vulnérabilités, à la formation y compris professionnelle, ainsi qu’à l’ensemble des mesures de prévention accompagnement vers l’âge adulte.

Il est inadmissible que des jeunes soient aujourd’hui laissés dans l’errance, exposés à l’âpreté de la vie dans la rue et aux risques en découlant. Le fait que certains jeunes soient dénués de statut légal en Suisse ne saurait justifier de tels manquements à leur prise en charge. Les autorités cantonales doivent au contraire construire avec ces jeunes des réponses adaptées à leur situation, créer avec eux des perspectives d’avenir, tout en répondant aux besoins pressants de protection et de sécurité qu’ils expriment.

Partant, la Coordination asile.ge invite le Conseil d’Etat à apporter une réponse favorable à l’ensemble des revendications du collectif de lutte des MNA, à savoir :

  • Un rendez-vous avec la Délégation du Conseil d’Etat aux migrations dans les plus brefs délais. 
  • Que plus aucun jeune ne dorme à la rue, l’ouverture de nouveaux foyers à taille humaine pour les MNA et les jeunes majeurs quel que soit leur statut légal. 
  • La présomption de minorité et une prise en charge en découlant, ainsi que l’arrêt immédiat de tous les tests de minorité. 
  • La scolarisation pour tous les jeunes jusqu’à 18 ans professionnelles. La scolarisation de 5 d’entre eux a été promise par les autorités en août dernier, aucun ne va à l’école à ce jour.

Outre les revendications qui précèdent, le soutien de la Coordination asile.ge se manifestera également par une aide matérielle durant l’occupation du Grütli. La Coordination asile.ge invite son réseau à participer activement au soutien matériel et politique des jeunes en lutte.

Asile : tout le monde attend l’action du Conseil d’Etat !

La Coordination asile.ge salue l’acceptation par le Grand Conseil genevois de deux motions et d’une pétition favorables aux personnes en demande d’asile. La Coordination asile.ge attend maintenant les mesures concrètes qui seront prises par le Conseil d’Etat pour apporter des solutions humaines et pragmatiques aux situations jugées inacceptables par les représentant-e-s du peuple genevois.   

Le vendredi 13 septembre 2019, deux motions et une pétition portant sur la politique d’asile ont été adoptées par une majorité du Grand Conseil genevois. Ces textes concernent l’accompagnement socio-éducatif des demandeurs d’asile jusqu’à 25 ans (M 2524), la facilitation de l’insertion professionnelle et l’octroi d’un permis de séjour aux personnes déboutées de l’asile dont le renvoi n’est pas réalisable (M 2526), ainsi que le droit de rester pour les Erythréennes et les Erythréens (P 2066).

Les associations qui composent la Coordination asile.ge sont aux premières loges pour témoigner de la détresse des jeunes personnes en demande d’asile concerné-e-s par ces textes. Ils et elles ont fui leur pays d’origine et ont fourni d’importants efforts pour construire leur avenir en Suisse. En raison du moment charnière dans lequel ils et elles se trouvent, leur insertion doit être soutenue par des mesures particulières jusqu’à 25 ans au moins. De plus, après des années de séjour à Genève, certain-e-s sont confrontés à des décisions fédérales de renvoi qui sont en décalage total avec leurs efforts d’intégration et qui ne pourront de toute façon pas être appliquées (entre autres : aucun renvoi forcé vers l’Erythrée). Il est donc dans l’intérêt de tou-te-s les Genevois-e-s de trouver des solutions et de les soutenir !   

C’est maintenant au Conseil d’Etat de jouer. Il ne peut pas ignorer ces textes comme il tente de le faire avec la motion contre le centre fédéral du Grand-Saconnex (M 2489), elle aussi acceptée par le Grand Conseil.  La Coordination asile.ge se met à disposition du Conseil d’Etat pour la recherche de solutions et lui a écrit dans ce sens. Elle suivra de près l’action que le Conseil d’Etat doit maintenant déployer, conformément à la volonté du Grand Conseil.

Pourquoi les Genevois-e-s ne veulent pas d’un centre fédéral de renvoi au Grand-Saconnex ?

Communiqué du 15 mai 2019

Le Secrétariat d’Etat aux Migrations (SEM) organise ce jour un entretien avec les médias au sujet de la procédure d’approbation des plans du centre fédéral dit d’asile (CFA) qu’il est prévu de construire sur la commune du Grand-Saconnex. La Coordination asile.ge profite de l’occasion pour rappeler son opposition à un centre dont la fonction première ne sera pas l’asile mais bien le renvoi. Explications.

1. Au nom de qui et au nom de quoi ?

Le peuple genevois ne s’est jamais prononcé sur la construction d’un CFA de départ sur son territoire. C’est un engagement qu’a pris le Conseil d’Etat. Le Grand Conseil vient quant à lui d’adopter une motion intitulée « Pas de centre fédéral d’attente et de départ à Genève ». Ce centre ne fait pas l’unanimité auprès des Genevois, et probablement même pas la majorité.


2. Le visage le plus laid de notre politique d’asile

La restructuration de l’asile a été maintes fois dénoncée pour son caractère gestionnaire et déshumanisant. Les CFA sont les pièces maîtresses de ce dispositif. Au lieu d’être en contact avec une société d’accueil, des demandeurs d’asile en quête de protection y sont hébergés pour une durée prolongée à 140 jours dans un environnement sécuritaire à la limite du carcéral : grillages avec barbelés, fouilles systématiques à chaque entrée y compris pour les enfants, horaires d’entrée et de sortie, système de punitions arbitraire et infantilisante. Les observations de la Commission nationale de prévention de la torture et les recommandations de la Commission fédérale contre le racisme sont claires à ce sujet.  


3. Un « hub » d’expulsions

Le CFA du Grand-Saconnex est conçu pour que s’exécutent les renvois. Les hommes, femmes et enfants qui y seront hébergés n’auront eu droit qu’à une procédure accélérée ou à une procédure Dublin. Nombre d’entre eux seront censés être reconnus réfugiés au sens de la Convention de Genève, mais seront renvoyés vers un autre pays européen en vertu d’une application quasi-mécanique du Règlement Dublin que les défenseurs du droit d’asile dénoncent sans relâche (voir l’Appel Dublin). Une majorité du Grand Conseil a adopté une motion demandant plus de compassion dans l’application de ce règlement. Par le CFA du Grand-Saconnex l’administration fédérale mettra la pression pour que notre canton exécute des renvois que notre population juge inhumains.  


4. Une infrastructure pour inciter aux départs dans la clandestinité

Le CFA sera flanqué d’un bâtiment abritant le siège de la police internationale, celle chargée de l’exécution des renvois, et comprenant 50 places de détention administrative. Le complexe lui-même est construit à côté du tarmac de l’aéroport. Tout évoquera le renvoi forcé, ce qui confine à la torture psychologique. Cette situation favorisera les départs dans la clandestinité, ou « départs non contrôlés » selon le jargon fédéral, qui sont déjà en explosion depuis le début de la mise en œuvre de la restructuration. Comment Genève envisage-t-elle de gérer la croissance d’une telle population précarisée?  


5. Un emplacement impropre à l’hébergement

Située à côté du tarmac de l’aéroport, la parcelle pose des questions de santé publique, vu la pollution de l’air et sonore extrêmement nocive occasionnée par les avions, sans parler de la stigmatisation qui consiste à placer des requérant-e-s d’asile sur une parcelle qui n’accueillerait jamais un logement ordinaire pour ces raisons. Les normes de l’Ordonnance sur la protection contre le bruit seront dépassées. L’autorité compétente aurait ramené au forceps le projet dans la légalité en assimilant ces bâtiments non pas à des logements mais à des hôtels, sous prétexte que la durée moyenne de séjour est de six semaines seulement, un « séjour de courte durée » soi-disant. Pourtant la durée de séjour peut s’étendre jusqu’à près de quatre mois (art. 24 LAsi).  


6. Ni à Genève, ni ailleurs

Les défenseurs du droit d’asile actifs à Genève adressent un message de résistance au reste de la Suisse. Nous n’accepterons pas de centres fédéraux où le sécuritaire prime sur l’encadrement social, l’accès aux soins et la dignité humaine.

Contact: Aldo Brina, 079 907 59 40

Centre fédéral d'”asile” de Giffers

Près de 4’000 signatures pour le droit de rester des Erythréennes et des Erythréens

Communiqué de presse – Genève, le 10 avril 2019

Les milieux de défense du droit d’asile déposent aujourd’hui une pétition adressée au Grand Conseil et au Conseil d’Etat en faveur du droit de rester des Erythréennes et des Erythréens. Lancée à la mi-décembre, celle-ci a récolté près de 4’000 signatures en moins de quatre mois. Un rassemblement a lieu aujourd’hui à 16h devant l’UIT, où se réunit le Grand Conseil, suivi d’un cortège vers la Place des Nations. Il est organisé par des jeunes hommes et femmes érythréen-ne-s en demande d’asile, épaulé-e-s par des bénévoles et les associations de la Coordination asile.ge. Les manifestants iront ensuite jusqu’à la place des Nations, rappelant que le Comité onusien contre la Torture a récemment condamné la Suisse pour une décision de renvoi vers l’Erythrée.

Ces dernières années, de nombreux-ses Érythréennes et Érythréens ont demandé l’asile à la Suisse. La plupart d’entre eux sont jeunes, beaucoup sont arrivé-e-s mineur-e-s sur le sol helvétique. Nombreux sont ceux-celles qui voient désormais leur demande d’asile rejetée. Or, cela les condamne non seulement à l’angoisse d’un renvoi (même si aucun renvoi forcé vers l’Érythrée n’est aujourd’hui possible en l’absence d’accord de réadmission), mais cela les plonge également dans la précarité, du fait de l’exclusion de l’aide sociale qui frappe les débouté-e-s de l’asile. Tous leurs efforts d’intégration sont alors anéantis.

Quelque 3’890 signataires (dont 1’417 signatures électroniques), demandent aux autorités politiques cantonales genevoises compétentes :

  • De ne pas exclure de l’aide sociale cette population jeune et pleine de perspectives. L’aide d’urgence les précarisera, quel que soit l’issue de leur procédure.
  • D’autoriser les Érythréennes et Érythréens déboutés à poursuivre leur formation dans le canton.
  • De permettre aux Érythréennes et Érythréens déboutés de pouvoir exercer un travail rémunéré à Genève.

De s’engager auprès du Secrétariat d’Etat aux Migrations afin :

  • qu’il suspende les levées d’admissions provisoires
  • qu’il accorde aux Érythréennes et Érythréens le droit de rester en Suisse, avec un permis F ou un permis B, avec effet immédiat et rétroactif.
  • qu’il sollicite le SEM pour mettre en place une action de régularisation extraordinaire.

De son côté, le Comité contre la torture des Nations unies, dans une décision datée du 7 décembre 2018, a estimé que le renvoi d’un requérant érythréen dans son pays constitue « une violation de la Convention contre la torture ». La décision ne concerne qu’un seul cas, celui d’un réfugié érythréen à qui la Suisse a refusé l’asile, et le Comité ne demande pas à la Suisse de lui octroyer l’asile mais uniquement de « réexaminer le dossier ». Cependant, les considérants de la décision sont clairs : le CAT conteste la vision angélique de la Suisse sur le régime érythréen et s’oppose à la pratique helvétique de renvoi des réfugiés érythréens ; il cite notamment la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme en Erythrée, pour laquelle « la situation reste sombre » dans ce pays.

Le Comité se base aussi sur la Commission d’enquête sur les droits de l’homme en Erythrée, qui rappelle que « la durée du service militaire (…) reste indéterminée » et qui suspecte cette pratique de « constituer pas moins que l’asservissement d’une population entière, et donc un crime contre l’humanité ». Manifestement, l’ONU, par la voix de sa Commission d’enquête, juge la situation des droits de l’homme en Erythrée pour le moins problématique. Relevons qu’avec sa pratique, la Suisse est le seul pays européen qui prend des décisions de renvoi pour les Érythréennes et Érythréens. Les pays européens octroient tous une protection aux demandeurs d’asile érythréens, conformément aux recommandations du HCR.

La Suisse n’exécutera aucun renvoi vers l’Erythrée avant d’avoir signé un improbable accord de réadmission avec cette dictature. Elle s’enfonce donc dans une situation absurde et pernicieuse : elle refuse l’asile aux requérants érythréens, ordonne leurs renvois mais ne les exécute pas. Elle alimente ainsi une nouvelle catégorie de réfugiés sans aucuns droits, qui ne peuvent ni voyager, ni travailler, ni étudier, tout juste respirer.