Rapport “Jeunes et débouté·es à Genève: des vies en suspens”

Dans ce rapport réalisé en collaboration avec l’Observatoire romand du droit d’asile et des étranger·ères (ODAE romand), la Coordination asile.ge dénonce la situation des jeunes débouté·es à Genève. Illégalisé·es, menacé·es d’un renvoi et plongé·es dans le système de l’aide d’urgence, environ 60 jeunes âgé·es de 15 à 25 ans se retrouvent sans possibilité de travailler ou d’accéder à un apprentissage dual.

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Depuis 2020, la Coordination asile.ge a mis sur pied un groupe de travail pour aller à la rencontre de ces jeunes débouté·es. Un recensement ceux et celles âgé·es de 15 à 25 ans vivant à Genève a été établi, afin d’obtenir une photographie précise de la situation de chacun·e. 60 jeunes ont été répertorié·es.

La plupart d’entre eux et elles sont arrivé·es en Suisse entre 2014 et 2016 pour y demander l’asile. Pour beaucoup, le rejet de leur demande d’asile est survenu après plusieurs années de scolarité et d’intégration. Leur quotidien est celui de l’aide d’urgence, une réalité précaire: les personnes ont droit à 10 CHF par jour, un hébergement et une couverture sociale sommaires. Ils et elles perdent aussi le droit de travailler ou de faire un apprentissage dual. Pourtant, leur renvoi est souvent inexécutable et ils et elles se retrouvent dans un no man’s land qui dure indéfiniment. Sur les 60 personnes recensées, 40 sont en Suisse depuis plus de 5 ans et plusieurs pourraient prétendre à une régularisation.

Le rapport Jeunes et débouté·es à Genève : des vies en suspens dresse un constat sans appel: l’incapacité d’initier ou de poursuivre la formation de leur choix, la précarité, la menace d’un renvoi et l’absence de perspectives professionnelles ou de régularisation affectent considérablement la santé physique et psychique des jeunes. Le sentiment d’être dans une impasse, l’angoisse constante sont leur lot quotidien, alors qu’ils et elles sont souvent bien intégré·es.

En 2019, le Grand Conseil genevois a accepté deux motions et une pétition visant l’insertion professionnelle et l’octroi d’un permis de séjour pour les jeunes débouté·es qui ne peuvent pas être renvoyé·es. Deux ans après, 60 jeunes se battent toujours pour se construire un avenir et aucune solution collective n’est esquissée : ni sur le plan de la formation, ni sur le plan de la régularisation.

La Coordination asile.ge demande donc aux autorités genevoises que :

  • Tous·tes les jeunes débouté·es et sans statut légal puissent accéder à et poursuivre la formation choisie en fonction de leurs aspirations et capacités, au moins jusqu’à 25 ans ;
  • Les jeunes débouté·es puissent terminer une formation entamée, même quand le renvoi est exécutable ;
  • La régularisation des personnes déboutées soit facilitée et soutenue, d’autant plus quand elles sont arrivées en Suisse avant l’âge de 25 ans.

Le jeudi 24 juin, une soirée de témoignages et d’échanges en ligne avec les jeunes a été organisée dans le cadre de la campagne Education pour toutes et tous! A revoir ici.

Des témoignages vidéo ont également été réalisés avec l’association Vivre Ensemble. A découvrir sur les réseaux sociaux.

La Coordination asile.ge condamne le vol spécial de Genève vers l’Éthiopie du 27 janvier. Elle appelle les autorités genevoises à réagir.

Dans la nuit du 27 au 28 janvier dernier, un avion spécialement affrété pour le renvoi de demandeurs d’asile déboutés s’est envolé de l’aéroport de Cointrin vers l’Éthiopie. À son bord se trouvait notamment Tahir Tilmo, demandeur d’asile qui avait été attribué au canton de Genève et dont l’exécution du renvoi dépendait de la police genevoise. Tahir Tilmo avait été arrêté et était détenu à Favra puis à Frambois pour des raisons administratives depuis le 7 septembre dernier. Cet universitaire avait appris le français, participait à diverses activités organisées au sein de l’université genevoise, et était décrit comme une personne bien intégrée. Une pétition, signée par plus de 1000 personnes et demandant au Conseil d’État de le soutenir, avait été déposée. Le Conseil d’État n’y avait pas répondu. Une forte mobilisation citoyenne a eu lieu pour essayer d’éviter l’exécution du renvoi. En vain.

Quatre jours avant le vol spécial, Tahir Tilmo s’était mis en grève de la faim et de la soif. Le 27 janvier, sur l’avis d’un médecin généraliste qui l’a examiné à Frambois, il a été conduit au service des urgences des HUG. Il y était entravé par des liens aux pieds – comme si dans son état il pouvait échapper aux deux policiers qui le flanquaient ! Après quelques examens, la police est venue le chercher aux urgences pour le transférer à l’aéroport. Comment se fait-il qu’un homme en grève de la faim et de la soif, se plaignant de douleurs importantes, ait pu être considéré comme apte à subir le choc d’un vol spécial ? Les médecins qui l’ont jugé apte à être renvoyé connaissaient-ils les conditions violentes dans lesquelles se déroule un renvoi forcé ? La police a-t-elle forcé la main au personnel soignant des HUG ? Trois demandeurs d’asile déboutés sont déjà morts au cours de telles opérations : quel(s) risque(s) les autorités genevoises ont-elles fait courir à Tahir ? La Coordination asile.ge exige des réponses à ces questions qui sont du ressort des autorités genevoises, pour éviter de futurs décès.

Ce vol spécial était l’un des premiers à destination de l’Éthiopie, suite à la signature d’un accord entre la Suisse et le gouvernement éthiopien en 2018. Cet accord a été signé au moment où l’élection d’un nouveau premier ministre dans le pays africain donnait l’illusion d’une stabilité retrouvée. Mais depuis la situation a beaucoup changé, et une guerre a éclaté au nord du pays. Selon les observateurs avertis, l’Éthiopie risque de sombrer dans une guerre civile sur fond de divisions ethniques. La Coordination asile.ge se joint à l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés pour demander aux autorités fédérales la suspension immédiate des renvois forcés vers l’Éthiopie, en raison de l’instabilité politique qui prévaut dans ce pays et qui génère des situations de violence.

De manière générale, la Coordination asile.ge exprime son opposition aux vols spéciaux de niveau 4, qui équivalent en soi à des formes de mauvais traitement. En autorisant que de telles opérations se déroulent à Genève, les responsables politiques genevois faillissent à protéger les droits humains et l’image de notre cité. Il existe une contradiction majeure entre d’une part l’émotion qu’un tel renvoi suscite au sein de la population genevoise doublée de l’expression d’une certaine indignation par des responsables politiques jusqu’au Conseil d’État, et d’autre part la construction en ce moment même d’un centre de renvoi et de nouvelles places de détention administrative au Grand-Saconnex, en un complexe dévolu à la multiplication d’opérations de ce type. La Coordination asile.ge demande aux autorités genevoises de manifester auprès des autorités fédérales leur intérêt à mettre en œuvre sur le territoire cantonal une politique de refuge, d’accueil et d’intégration plutôt que d’exclusion et de renvoi forcé.

Extrait du film Reconstruction of a forced deportation carried out by the Swiss authorities disponible sur Youtube

Asile, hospitalité, révolte

Que nous disent les textes hérités de la Grèce antique sur l’asile, l’hospitalité, ou encore la révolte? Comment ce savoir peut-il éclairer notre compréhension actuelle de ces sujets? La Coordination asile.ge organise une conférence sous forme de dialogue entre Philippe Borgeaud, Professeur honoraire à l’Université de Genève et éminent spécialiste de la Grèce antique, et Aldo Brina, chargé d’information sur l’asile au Centre social protestant.

La conférence se tient le jeudi 15 octobre à 19h, dans la salle Forum I au rez-de-chaussée du 14 rue du Village-Suisse. Afin de respecter les mesures sanitaires, nous vous prions de vous inscrire par email auprès d’aldo.brina *arobase csp-ge.ch.

La conférence sera filmée et diffusée en direct sur la page Facebook d’asile.ch.

Groupements solidaires à Genève

Liste, présentation et contacts

Liste, présentation et contacts d’un certain nombre de groupes solidaires des réfugiés constitués sur le canton de Genève.

Ce document a été élaboré par la Coordination asile.ge suite à une rencontre organisée le 1er décembre 2016. Celle-ci visait à stimuler les échanges d’information entre les associations de la Coordination asile.ge actives auprès des réfugiés et demandeurs d’asile et les groupes bénévoles et solidaires qui essaiment dans le canton.
Un document non-exhaustif qui s’enrichira au fur et à mesure, à télécharger ICI ou en cliquant sur l’image ci-dessus.